
Bienvenue à toi, qui as des envies de changement, des besoins de liberté, de te reconnaître, de créer un projet qui donne du sens à ton existence.
Si j'ai décidé de t'offrir ce moment avec moi, c'est parce que je suis passée par là et que j'ai, moi aussi, ressenti de grandes envies.
J'étais salariée, mais tu peux être étudiant, indépendant, en reconversion, sans emploi ou tout autre statut : ce qui suivra vaut également pour toi.
J'avais conscience de ce que je ne voulais plus ou pas.
Je ne voulais plus : de patron, de contraintes, d'horaires établis, de non-sens dans mes tâches…
Par contre, je voulais : plus de liberté, une indépendance qui me faisait du bien, un sens à ce que je pourrais faire, quelque chose qui me fasse exister.
Mais entre les envies et la réalité, il y a un monde.
Et c'est ce monde que je te propose de regarder de plus près.
Une fois par mois, rien d'autre.

Tout ou presque est documenté sur la façon de créer une entreprise. Ce qui se joue avant reste pratiquement ignoré.
Chez Phoenix Académie, c'est cet avant-création, cet avant-décision, ce manque de direction qui m'intéresse.
C'est pour ça que, chaque mois, un numéro sera diffusé, et reviendra sur une vraie question que peuvent se poser ceux que j'appelle des pré-entrepreneurs.
On prête à Sénèque cette phrase : « il n'y a pas de vent favorable pour le marin qui ne sait pas où il va ». Moi, c'est ce marin qui m'intéresse.
Je ne cherche à convaincre personne de se lancer.
J'écoute, je documente quand c'est possible et je te livre deux ou trois observations qui peuvent te parler.
Puis, j'éclaire un passage qui peut te permettre d'avancer.
Parce que parfois, on se fait une montagne d'un rien.
Parce qu'un obstacle mal nommé se contourne mal.
Parce qu'on ne se met en mouvement qu'en sachant ce qui nous retient.
Ce que j'avance ici ne vient pas de mon activité d'accompagnement, qui commence à peine. Cela vient du dépouillement de près de cent bilans d'identité entrepreneuriale, remplis depuis les premières versions du questionnaire jusqu'à celle d'aujourd'hui.
Ce travail m'a appris à lire ce qui distingue une personne d'une autre : là où le but de l'action est le même, les raisons et comportements sont souvent différents.
Il existe des organismes d'aide à la création, des associations, des dispositifs divers et variés.
J'en ai bénéficié moi-même. Ils sont compétents, et ils accompagnent bien l'envie — mais par un seul versant : le business plan, le prévisionnel, l'acquisition des premiers clients.
Le parcours est le même pour tous.
Ce qui relève de la personne — son profil, ses comportements, ses valeurs, ce qui la fait avancer ou reculer — n'y entre pratiquement jamais.
Une envie n'a pourtant pas encore de forme : c'est une idée, une réalisation qui n'en a pas trouvé.
Elle ne se chiffre pas, elle n'entre dans aucune case, elle ne produit aucun livrable.
On ne bâtit pas facilement un dispositif là-dessus.
J'ai voulu faire exister ce travail à l'intérieur de ces structures, et j'y ai accompagné des porteurs de projet. La réponse a été : « ne correspond pas au cadre ». Trop de valeurs, de recherche d'identité, d'identification des contraintes ; pas assez de terrain — business plan, contacts bancaires, analyses financières.
Le constat était exact. Ce travail n'y entrait pas.

L'une de ces personnes a compris, en cours de route, que son projet n'était pas viable. Elle ne l'a pas créé. Dans les statistiques, cela s'inscrit comme une création qui n'a pas eu lieu. Pour moi, c'était un résultat, obtenu avant que le temps, les économies et l'énergie n'y soient passés. On mesure les créations.
On ne mesure nulle part les renoncements lucides. Pourtant, ne pas savoir où l'on va, ne pas voir de direction, manquer d'imagination sur ce qu'on pourrait créer : c'est un passage presque obligé.
C'est ce que je constate : le passage est plus court quand on n'est pas seul.
J'accompagne cette envie pour lui donner vision et consistance.

Un projet qui tient repose sur trois choses. Une vision — savoir ce que l'on veut faire exister. Une mise en action — franchir les premiers gestes réels. Un pilotage — tenir la direction une fois le mouvement lancé. Ce ne sont pas trois qualités personnelles : ce sont trois fonctions. Si l'une manque, le projet penche.
Neuf profils décrivent la manière dont chacun porte ces fonctions. Ils se répartissent en trois familles.
| SensConcevoir la vision | RéalisationMettre en action | PouvoirPiloter dans la durée |
|---|---|---|
| Engagé | Artisan | Stratège |
| Explorateur | Bâtisseur | Prudent |
| Rêveur | Opportuniste | Rebelle |
Personne ne porte les trois familles à égalité. Ce n'est pas un défaut : c'est une information.
Et ce qui compte n'est pas tant la famille dans laquelle on se reconnaît que celle qui, chez soi, reste peu développée.
Deux personnes n'ont pas déclaré leur activité. Dans les deux cas l'offre est écrite, le nom est trouvé, les premiers intéressés existent. Depuis des mois, la démarche est repoussée. Vu de l'extérieur, c'est exactement le même retard.
Il a comparé les régimes, calculé, vérifié. Il attend qu'une dernière zone soit couverte — un revenu, une charge, un engagement dont il ne pourrait pas revenir. Ce n'est pas le risque en général qui l'arrête, c'est un point précis dont il n'a pas encore les moyens d'absorber les conséquences.
Il aurait pu déclarer depuis longtemps : le risque ne l'impressionne pas. Ce qui le retient, c'est d'entrer dans une case qu'il n'a pas choisie. Se ranger sous une nomenclature lui donne le sentiment de devenir la forme qu'on lui propose.
Rassurer sur la réversibilité de la démarche viserait juste dans le premier cas. Dans le second, la même phrase tomberait à plat : elle a déjà été pensée, et ce n'est pas de sécurité qu'il manque. Le retard est identique. Les sorties n'ont rien à voir l'une avec l'autre.
Ces deux profils appartiennent pourtant à la même famille. Se reconnaître dans une famille ne suffit donc pas.
Les neuf profils décrivent une manière d'entreprendre : un rapport au risque, au temps, à la visibilité, à la décision. Se reconnaître dans une description au fil d'une lecture est facile. Savoir lequel te porte réellement — et surtout lesquels te manquent — demande autre chose.
C'est ce que fait le bilan d'identité entrepreneuriale : un questionnaire pour déterminer ton profil principal, suivi d'un rendez-vous de trente minutes offert pour faire le point.
Faire mon bilan d'identité entrepreneurialeLe numéro 1 paraîtra en octobre. Il portera sur une question qui revient plus souvent que les autres.
Si tu as une question, ou quelque chose à raconter, tu peux me l'écrire.
Rien n'est publié sans l'accord de son auteur.